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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 16:14

 

 

J’arrive à Copacabana par l’autobus bourré de papitas, mamitas et pepitos pour les festivités de la Semaine Sainte. Temps magnifique. Bleu on peut dire. Je descends d’un bond souple ignorant les 15 mains viriles qui se tendent vers moi. Œil plissé vers le lointain, main sur ma hanche souple, j’aspire l’air mesuré des altitudes avec attitude et fiéritude. J’aspire aussi la fumée de ma clope et je recrache le tout. Merde, c’est pas la classe. En plus, j’ai les lèvres toutes séchées comme la bite d’un priapiste frappé de désertification érotique, Nicolas Hulot parle pas de ce problème. Heureusement, les bittes d’amarrage des petites barques en partance pour l’île de la lune sont joliment lisses et verticales, ça réjouit mon regard. La montagne aussi a un aspect vertical. Un aspect haut, même. Pouf pouf, pas facile de monter la côte. Je chique des feuilles de coca pour aider mais c’est dégueulasse, je préfère les caramels mous. Le temps de réfléchir à une stratégie (porteur musclé ? pousse-pousse ?) je m’assois à une terrasse pour mater les keums. Pas de chance : La place est envahie par un car de touristes, que des nazes de trente ans fadasses. En plus c’est des blonds, bonjour l’exotisme. Je soupire avec grâce et féminité au cas où, mais c’est pour des prunes vu qu’ya pas de vrai mec dans les parages, c’est-à-dire un normal, d’une cinquantaine d’années, un peu buriné patiné et si possible mâtiné d’indien. Soudain je tressaille. Un ballon vient d’atterrir on ne sait d’où sur la place : La horde de blonds, par un réflexe pavlovien antédiluvien perd tout contrôle et se jette dessus en hurlant des mantras ésotériques propices à la transe du jeu « Zivaaaaa, enculé, nique la balle, woh ça déchire trop l’slipeud’ta mère lâche mes couilles Heineken blackberry …. ». Pour comble de malheur, ils avisent un pack de bière placé là par mégarde. Alors c’est la ruée, plus rien ne les retient, même pas le souvenir de leur mère, la pauvre elle doit regretter. Je me jette sous la table, le cœur battant. Ca me permet d’étudier les poils de leurs mollets. Ils n’en ont même pas, c’est nul. Je me sens seule. J’aurais mieux fait de rester aux Epinettes. Là, y’a pas de blonds.

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commentaires

Anastase Ulbrich 01/01/2011 13:18


Cela me fait penser à une très bonne émission sur Démocrite en novembre dernier. Pour les amateurs de Raphael Enthoven, voici le lien :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10467-11.11.2010-ITEMA_20252326-0.mp3


myriam.rubis.wenig.over-blog.com 01/01/2011 13:34



Oui en effet, mon cher Anastase, c'est bien à Démocrite que je pensais en écrivant cet essai.



vincent 29/12/2010 17:39


Ravi d'avoir été l'inspirateur (dyson, pour être précis, le seul du marché qui ne perd pas d'nspiration!) de ce texte. Donc forcément il est bon !


myriam.rubis.wenig.over-blog.com 29/12/2010 18:26



Oh Excelllllllent ! J'ai mis qu'une minute à comprendre le jeu de mot ! Bon, je mettrais bien aussi celui de l'ethnofessologue, mais je crains qu'il ne soit trop ésotérique pour le commun des
mortels à fesses.