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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 16:55

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Faire l’amour en chaussettes ? Non mais pour qui tu me prends ?  Et pour qui tu te prends ? Regarde, regarde mes seins, approche et tâte un peu. Avoue qu’ils peuvent encore remplir la main d’un homme aux orteils libres. Je le dis sans rougir, mes seins ont le mamelon haut, et ils ont du mérite après toutes ces années. Alors apprécie, je te prie, et en pleine lumière ! Oui, parce que l’amour dans le noir et sans bruit pour les gosses, c’est fini, tu m’entends ? D’abord les petits, ça fait longtemps qu’ils sont partis faire du bruit de leur côté. Maintenant, c’est entre toi et moi que ça se joue, juste entre toi et moi.  Pour commencer, on va se faire beaux, puis on ira danser. T’inquiète, j’ai tout prévu. Regarde ! Robe à volants pour moi et costume blanc pour toi. Qu’est-ce que tu en dis ? Vulgaire ? Bien sûr, et pas qu’un peu ! Tape-à-l’œil pétant criard indécent comme la vie ! Tu sais ? La vie, qu’on a laissée filer.

 Voilà, on est au top. Oui je sais, je me défends, et toi quand tu souris, tu as les yeux plus verts, c’est pas une question d’âge. Aller, viens dans le salon, j’ai mis Carlos Gardel, tu te souviens ? Pour les pas, t’inquiète pas, nos jambes ont de la mémoire et nos désirs aussi, il suffit d’oublier tout ce qu’il y a par-dessus. Approche. Pose ta main sur mon dos et l’autre dans la mienne. Voilà, on n’a plus qu’à marcher sur une ligne droite qu’on tordra quand on veut. Le tango, c’est une marche, une marche nuptiale, en avant, en arrière. Ton front tout près du mien, ta jambe contre ma jambe, allez va, je te suis. Bien sûr c’est toi qui mène, l’hombre ce n’est pas moi, moi je ne suis que l’ombre,  mais j’anticipe un peu – Non, pas devant le miroir – Tu sens ? Nos corps bafouillent, il faut qu’ils réapprennent, à se dire, à se taire, peu à peu, pas à pas. On a la nuit pour ça, et toutes les nuits d’après, nos nuits comme une ligne blanche qu’on pourrait dépasser. Quand on sera fatigués on mangera aux chandelles, on n’a jamais fait ça, il est temps, tu crois pas ? Mais le temps on s’en fout, c’est le tempo qui compte, le temps, c’est une idée. Ecoute nos métronomes, boum boum,  la cadence elle est là, c’est presque un unisson, mais c’est le presque qui compte, sans lui on est foutus. Tu entends ? Ils se courent après, un deux, rattrape-moi ou tu tombes, trois quatre, un peu plus vite. Mon genou à ta taille, je bascule, tu me retiens, on revient, ligne droite – Non, pas devant le miroir – on se lance à contretemps, temps fort, temps faible, le faible devient fort, moi toi, toi moi, je ne sais plus, tout s’inverse. Tu vois ? On fait plus qu’un, il suffisait de si peu. NON ! Pas devant le miroir !

Tu vois… On fait plus qu’une.

Plus qu’une dans le miroir depuis que tu es parti.

 

 

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commentaires

William 22/09/2011 03:43


Magnifique! Rien d'autre à dire, j'ai presque appris à aimer le tango, à aimer être un ancien, à aimer être à deux ! C'est vraiment envoutant ! Et la chute, monstrueusement superbe !