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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 07:35

dory_fesse.jpg

La première chose qu’elle avait vue chez lui, c’était ses fesses. Un éblouissement. Un bouleversement. Et une interrogation, parce que jusqu’à ce jour d’entre les jours, s’il était une chose à laquelle elle négligeait de prêter attention, c’était bien le postérieur masculin. A l’instar de beaucoup de ses congénères de sexe équivalent, elle avait l’impressionnabilité globalisante avec quelques points de repère classiques : Les mots, les mains, les yeux.

Dans le cas qui nous occupe, l’intéressée eut été bien en peine de dire la couleur de ceux de l’intéressant. En revanche, le galbe, le rebondi, le décroché reins-fesses, ce tremplin délicat vers la rondeur virile, suggérant plus que révélant le muscle nerveux tapi dessous, le maintien ferme et élégant en toutes circonstances, jamais atténuantes de cette fierté d’être, rien de tout cela n’échappait à son admiration, au sens étymologique de « regarder vers » car elle n’en pouvait détacher le regard.

C’est devant le distributeur de boissons de l’entreprise qu’elle avait succombé à son charme fessier. Oui, parce que pour récupérer son gobelet, il avait dû se pencher légèrement et cette infime inclinaison du buste avait positionné son séant au cœur du champ visuel de la distraite, autant dire au chant visuel de son coeur. La chose advint à son insu, comme toutes les choses d’importance. Car lorsque pour la première fois on voit en l’autre ce qu’on n’y cherchait pas, il y a fort à parier qu’on l’y ait trouvé.

Tout ce qu’elle sut d’abord, c’est qu’il lui fallait plus souvent qu’avant se rendre à la cafétéria. Tout ce qu’elle sut ensuite, c’est que le café était moins bon hors la présence du porteur de fesse. Puis enfin rassurée sur la pérennité de l’objet, car le destin malin ne cessait de l’offrir à ses yeux, au détour d’un couloir, d’une réunion, d’une pause, elle osa explorer son environnement. Rien ne détonnait : Les bras, les yeux, les mains étaient à la hauteur.

L’admiration vraie souvent suscite l’admiration, rien n’advient par hasard. Leurs yeux, leurs mains, leurs bras bientôt se rencontrèrent.

 

 

MYRIAM RUBI

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commentaires

William 14/09/2011 12:59


J'aime le mot buisson, il répond et rime au mot croupion, comme son antagonique voisin mais nous divergeons peut être, et à encore le mot a quelques consonances que j'aurais aimé éviter, vous
parliez de jeu, j'aime celui des mots, et uniquement des mots !


myriam.rubis.wenig.over-blog.com 14/09/2011 13:28



Itou !



William 14/09/2011 12:21


Voilà une de ces histoires d'amour sur lesquelles il est difficile de s'assoir !
Sait-on jamais pourquoi l'on aime, ou ce qui nous a fait penser que nous allions aimer de la plus grande passion ? que ce soit fesse ou bien croupion, Rebondi, en poire ou potiron, l'important est
bien que nous aimions !


myriam.rubis.wenig.over-blog.com 14/09/2011 12:38



Eh eh oui ! Y'a pas plus malin que le piège d'amour qui nous attend toujours au buisson de l'imprévu (non, l'image est nulle !) Bien, vous m'excuserez, j'ai un blog à visiter.