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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 11:36

 

 

MATER DOLOROSA

Mère-religieuse, mante-douloureuse, baiser voilé au bord des lèvres, main blanche émergée du noir posée crochée sur son enfant, épaule courbe, visage nu, regard tendu sans échappée, borné par sa propre main si jumelle de l’autre. Musique d’orgue en vagues noires les noyant, flots d’un deuil amniotique, cordon de jais ombilical au nœud coulé autour du cou, dentelle d’Arachnée méthodiquement tissée, l’enfant-insecte entre les fils se balance paralysée.

 

DE PROFUNDIS

Sur mon visage j’ai posé un crêpe, sur ma tête une mantille. Ma taille sanglée, sanglé mon souffle, mes doigts trempés dans ton sang d’encre sur le papier coulé. Signe de croix à la renverse, une goutte sur mes lèvres, ceci était ton corps de papier, je l’ai bu jusqu’à la lie, amen. Quelques larmes noires de rimmel et de colère pour mieux brouiller tes mots, pour qu’il n’en reste rien qu’une coulure sur mes lèvres. Dernières gouttes lapées, ma langue, mes lèvres, bleues de toi, toi consommé, moi consumée, le glas sonné. Le temps du deuil salé-sucré venu enfin. Je médis un dernier rosaire, in pace non resquias, chapelet d’insanités, serpent de jais à mes mains enroulé, mes talons transpercent d’aiguilles ta lettre si lisse. Déchirés tes mots, éclatés mes rêves si cristallins de toi. Les débris tranchants, in memoriam, je les porterai en silice, à même la peau, comprimés par le latex qui désormais gainera ma vie et mes désirs, durcira mon corps, emprisonnera mon cœur pour que plus jamais il ne soit crucifié.

 

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