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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 07:47

Le plombier était son amant. Elle aimait, tandis qu’elle écrivait, qu’il se promenât nu, avec des nonchalances de chat, dans son appartement. A cause de ses fesses au classicisme grec et de son sexe érigé en principe. Principe au sens premier du terme. Alpha biblique et oméga, petit Jésus, origines du monde.  Et à cause de cela aussi, elle lui interdisait de sortir le soir. Les villes sont trop bien conçues pour l'homme qui a ces avantages et le désir furieux, bien qu’inavoué, de les offrir aux toutes-venantes. Bien sûr, elle aurait pu lui faire porter des vêtements amples et un bonnet Vuitton pour cacher ses cheveux ondoyants, véritable sémaphore sexuel, mais ça n’aurait pas suffi. Car il avait, comme tous ceux de son sexe bien dimensionné, ce fantasme irrépressible et mal enfoui de se faire violer, inscrit dans le balancement discret de ses hanches, l’inclinaison de son buste et ce sourire effarouché de cerf aux abois fait pour éveiller en nous la Diane chasseresse. Cependant, il n’aimait pas qu’on en parle. Pudeur immémoriale de l’homme qui n’ose avouer sa naturelle soumission à la femme ? Je ne saurais dire. Mais une chose est certaine. Le chemin pour libérer la parole masculine est long. Très long. Et c’est à nous, femmes de lettres et du séant, de leur donner les mots pour le dire, pour avouer que oui ! Ils aiment, tous, se faire palucher dans le métro et prendre fermement au fond d’une cave sombre par dix filles (laides) en même temps ! Le jour où cette vérité éclatera, les hommes perdront leurs névroses et nous, femmes, gagnerons un temps considérable.

 

Myriam Rubis 

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