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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 13:00

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Comme souvent les hommes de cet âge relatif, il avait au fond du regard la mâle certitude de qui sait toréer son destin d’une cape volontaire mais souple dans son habit de lumière rouge parce que c’est vrai que ça va mieux aux blonds même si ça pète un peu. Plus en surface, toutefois, flottait encore dans toute sa muette éloquence ce reste de coquetterie que le trentenaire agite tel un naufragé sa chemise dans un pénultime et par tant émouvant salut vespéral.

Le cœur de sa future avait été puissamment ému par cette apparence d’indomptable acceptation qui, chez le trentenaire à peau fine, est le sceau éclatant de la constance et de l’amour. Troublée, et sachant qu’émanciper les hommes c’est les corrompre, elle avait eu ce rare courage de lui tendre l’échelle du bateau marital juste avant que ne sonne le glas de la prétentaine.

Plus tard la paternité, en soustrayant une part substantielle de son dû à Morphée, ajouterait à sa pâleur délicate cette langueur indéfinissable, ce parme léger, cette brume turnerienne dans l’œil et ce décoiffé de la mèche qui marqueraient apothéotiquement son entrée dans l’ âge où seuls quelques hommes choisis savent donner un langage à leur attitude. Avec une éloquente contenance, il saurait alors tendre à l’épousée la lingette, la couche, la grenouillère rose-bleue* de trois heures du matin, et, dans un élan dicté autant par l’amour de l’idéale chose ronde que par celui de sa chère tête blonde, il susurrerait à sa progéniture ces mots qui forgent les destins :

«Si tu peux rencontrer défaite après défaite

Et perdre en un seul jour le gain de cent parties

Sans faire un bras d’honneur ou shooter les parties

D’un homo ballonis avec des cris de bête,

Si de ton père enfin tu souhaites le bonheur-euse*

 Alors ne sois JAMAIS mon fils un footballeur/ma fille footballeuse*

Qu’avec quelques copains, joyeux huluberlus,

N’ayant d’or que leur cœur et d’argent que leurs buts. »

 

*Rayer la mention inutile

 

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commentaires

William 12/08/2011 07:05


Votre écriture est impertinente, c'est ce qui la rend si attractive, on ne peut s'en défaire qu'en ayant bu le verre jusqu'à la lie, savoir si vous oserez aller encore plus loin.
Il est des beautés qui ne s'ouvrent à vous que pétale après pétale, si l'on accepte de faire l'effort de perdre son confort !
Merci pour ce joli moment de paix.
William


myriam.rubis.wenig.over-blog.com 12/08/2011 20:41



Je suis touchée, flattée et rosissante mais je prends sans honte, comme un carburant nécessaire pour aller plus loin, au-delà de mes doutes. Dans l'espoir d'arriver encore à vous faire plaisir.
Merci.