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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 11:00

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Je est d’autres.

J’eux et moi, jeux émois, hais-moi, aime-moi, étoile et luit.

Je choisis qui j’essuie pour mieux reluire. Vous suis à la trace, me strasse pour vous réfléchir, me samothrace, m’elle de désirs à bras raccourcis, parfois sans qu’eux n’y tètent. Alors sans cap, dépitée, décapitée, je m’en-tête ailleurs, m’enferme dans ma tête pour mieux m’évader, mens-fuis. J’évasive, m’abrasive, me brise d’un souffle, m’évapore et puis me recondense pour goutter notre indicible, notre invisible. Je clapote à vos carreaux en morse ou me déverse en trombes, quitte à en faire des tonnes, tonitruant dans vos silences dont le fonds de l’air m’effraie.  Je sais pourtant que pour être entendu, il faut se taire. Que seuls parlent les interstices de silence, rais de lumière sous la porte des mots.

Je est l’hôte.

Table dressée, couvert mis, j’attends. Faute de convives, souvent je les invente. Triture l’absence, la sculpte, souffle dessus, m’émerveille ou regrette. Non, ce n’est pas moi qui crée des vies et des histoires, ce sont elles qui me créent. En toute humilité, toute solitude, je me prends pour Dieu. Pas par orgueil. Par peur du vide.

Je m’ôte au portrait.

Me soustrait, attrait par trait, couche après couche, m’efface pour mieux me découvrir. Je suis ma découverte.  Mais uniquement dans la psyché de votre regard, là où entre vous et moi il n’y a plus d’espace, là où nous ne sommes plus qu’un. Car je ne peux me voir qu’en vous regardant et je ne peux vous voir qu’à travers moi. Nue jusqu’à la transparence.

 

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