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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 19:34

Nan parce que c'est pas évident :

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 11:42

     

Ce soir-là, j’ai quatorze ans sous une boule à facettes et la bouche de Miguel ventousée à la mienne.

 

Ca fait un moment que ça dure. Un très long moment. Jusque là j’ai tenu le coup parce que c’est mon premier baiser et que j’ai pris du retard par rapport aux copines, mais maintenant que c’est fait, inutile de s’éterniser, j’ai compris la technique. Et puis à vrai dire, ça me plaît très moyennement cette gymnastique gingivo-linguale. Il a beau insister, m’assurer que c’est une question d’habitude, tenter de nouveaux angles, rien n’y fait. A la cinquième tentative, je me décolle, prétexte l’heure tardive et cours chez moi vider un tube de dentifrice et un paquet de sugus. Si c’est ça, franchement, je préfère mourir vieille fille ou travailler mes maths. On est début juillet sur la côte andalouse, j’ai le temps de tout réviser et de lire les œuvres complètes de Lorca et de San Antonio à l’abri de ma grand-mère qui balaie, répare la plomberie ou tue les scorpions à coups de marteau. De toutes façons, elle voudrait pas que je l’aide.

 

Mi-août, je maîtrise les équations à trois inconnues, les grands auteurs et ma planche à voile. Surtout ma planche à voile, en fait. Et particulièrement en fin d’après-midi, à proximité d’une autre planche, très fine, très nerveuse, et surmontée d’un garçon sur le gâteau qui la met en valeur. A 18h30, je réussis admirablement mes demi-tours par l’avant en jouant habilement de la vague, l’œil lointain et le cap circulaire. C’est-à-dire rayonnant autour d’un point précis : la cerise à peau brune, œil noisette et sourire clignotant, qui défie les courants et mes serments virginaux.

 

Le 25 août, il me dit « Hola ! », je lui réponds « Hola ! ».

 

Le 26 août, il me regarde trois secondes sans rien dire.

 

Le 27, je lui dis : « Y’a un vent de force 4 ! », il répond : « Oui »

 

Le 28 : Rien

 

Le 29 à minuit, je m’ennuie en robe de lin vert sous les paillottes de la plage, parce qu’il y a soirée dansante et que ma cousine m’a obligée. Les haut-parleurs tonitruent « Vamos a la playa » et je bois un coca à la paille en contemplant mes pieds, surtout quand des types passent. Au moment des slows, je plonge sur mes orteils, mais pas le temps de les recompter, des rires relèvent mes yeux, mes yeux relèvent mon buste. C'est une farandole de clowns qui lance sur la piste ses rires cotillons et bouscule le protocole de drague en entraînant les autres. Parmi eux, un Pierrot en vêtement de soie blanche, regard noisette et sourire clignotant, danse comme un papillon. Mes cils perdent un battement. Mon cœur le récupère. Je regarde ailleurs. Pas lui. Il papillonne vers moi, me tends la main et son sourire. Je me lève, les omoplates brûlantes parce que des ailes me poussent. On papillonne ensemble. D’abord entre les autres, et puis un peu plus loin, et puis encore plus loin, jusqu’au rebord des vagues. On parle. Mon espagnol fulgure, le sien joue de la guitare. Il s’appelle José. José le papillon. José qui m’envole dans mon deuxième baiser. Court. Beaucoup trop court. Comme une première éternité.  

Cette nuit-là, j’ai quatorze ans sous les étoiles.

 

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 16:22
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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 15:48

Eh oui, je vis avec mon temps. Chuis ioutioubeuse maintenant !

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 14:00

Entre l'homme et le mur, c'est une histoire d'amûr. Au point qu'on ne sait plus si c'est l'homme qui fait le mur ou le mur qui fait l'homme. Très vite, les parois des cavernes n'ont plus suffi à son besoin frénétique de jouer les space invaders. Il a rêvé d'un point d'appui plus haut, plus lisse, et il a inventé le mur, c'est-à-dire la civilisation. Dès la première brique de bouillasse séchée, son goût des limites murales n'a plus connu de bornes : mur protecteur, mur défensif, mur des lamentations, mur-mur, art-mur... Il le peint, le sculpte, le couvre de mots, bref lui raconte sa vie, son oeuvre et ses migraines depuis la nuit des temps. A force, bien sûr, des oreilles ont fini par pousser au mur. Et entendre les hommes, c'est devenu son job. Ca, tout le monde le sait, mais ce qu'on ignore plus souvent, c'est que lui aussi a des choses à dire. Des choses que seuls entendent ceux qui ont l'oreille fine. Très fine.


 

Jean était de ceux-là. Il vivait près des falaises de la baie d'Audierne...... (pour la suite, venez à Belleville !)

Je raconterai des histoires comme ça, le 24 septembre, entre les murs et les arbres de Belleville
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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 13:58

 

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 12:57

Il y a un arbre dans un parc avec lequel j'ai décidé de faire connaissance, et ça me prend un temps fou. Le temps de la surprise. C'est un mot très juste, surprise, parce que sa prise sur moi se fait d'abord par au-dessus, par les airs sans paroles avec ses branches et ses oiseaux. C'est seulement après avoir été tête en l'air que je m'assois entre ses racines. Elles non plus, elles n'ont rien à dire parce qu'elles sont trop occupées à transporter le bas vers le haut. C'est un travail très lent et très silencieux. Un arbre, c'est du silence qui pousse. Et ce platane, ça fait plus d'un siècle qu'il se tait de plus en plus lentement, de plus en plus fort. Ca me console d'être lente et de pas trouver les mots.

 

Y'a pas plus solide qu'un fil de lumière pour s'accrocher quand on dérape.

 

Soir d'été à mon balcon, celui qui donne sur des cours, des crinières sombres d'arbres et des ombres de chats. Par le rectangle d'or des fenêtres, des voix, des tintements s'échappent, et quelques rires. La cigarette au bec comme un vieux rêve à consumer, j'écoute ces petits bonheurs qui font un bruit d'assiette.

 

Quand le soleil avant de disparaître n'a plus que sa douceur à poser sur les choses - une poignée de sable sur le saule, un souffle doré sur les fleurs d'amandier - quand il coule sur la montagne et se mélange à l'ombre ; quand les branches hautes du peuplier retiennent jusqu'au dernier moment la lumière safran... je dépose les armes et je remercie.

 

Pensée bleu espagnol sous un ciel de même couleur : on ne peut rencontrer l'autre qu'au lieu où on se rencontre soi.

 

Chuis énervée (c'est top, l'énervement, pour écrire). Je viens encore de lire une généralité sur la sexualité et les comportements amoureux de la gent humaine. C'est simple : les mâles ont une libido bien plus irrépressible que les femmes qui, c'est bien connu, sont de purs esprits qui ne se livrent à l'acte charnel qu'un chapelet à la main, et encore, juste avec leur mari. Jamais elles ne vacillent devant un beau gars inconnu, jamais ne rêvent ce que cette main, cette belle main d'homme pourrait dire à leur peau. Ce regard flambant noir croisé au supermarché, impossible qu'elles y dérapent ; ce type un jour d'été qui ôte son T-shirt et révèle des bras cuivrés, un torse doux, loin d'elles l'envie d'en vérifier la texture et la température. Le feu incontrôlable au coeur et au reste, jamais !! On est nées raisonnables, monogames sans effort, mal-voyantes et tièdes du coquelicot. Ca c'est une théorie. Il y a l'autre aussi qui nous estime tellement obsédées sexuelles que le plus prudent c'est l'excision, l'enfermement, la surveillance. Va comprendre, Charles.

 

J'aime pas le bleu marine, c'est la couleur la plus chiante qui soit. Pas assumée, coincée du bleu, elle ose à peine être elle, comme si c'était cochon de s'afficher franchement. Planquée entre le noir et le vrai bleu, on sent qu'elle fera jamais son coming-out, que toujours elle se faufilera dans les zones incolores du bon ton. Car réticente à tout risque, toute forme de vivacité, elle ne fréquente que les chaussures plates, les jours de pluie et les drapeaux. C'est la soeur chic du marron, plus populaire mais tout aussi chiant malgré sa connexion avec les années soixante-dix où elle a eu une aventure avec l'orange. Rien que d'y penser j'ai mal au papier-peint, mais lui au moins, il a essayé. Le bleu marine, rien, même collé au crème il reste vieille fille. Vierge et martyr, contraceptif. Même sur une mère de dix enfants. Et usurpateur avec ça ! Parce que " marine ", il l'a volé à la mer et à l'aigue, il l'a extirpé des profondeurs sans rien y comprendre. Bref, j'aime pas le bleu foncé plat, mais j'irai pas le traiter de fasciste pour autant.

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 09:34

" Je veux l'étoile du matin
Où est l'étoile du matin ?
Mes amis, mes ennemis,
Cherchez l'étoile du matin
Elle a disparu elle était nue
Avec qui a-t-elle disparu ?
Cherchez partout

Dites que je suis un homme sans fierté
Un homme qui accepte tout
Qu'est-ce que ça peut me faire ?
Je veux l'étoile du matin

Pendant trois jours et trois nuits
J'ai été assassin, suicidaire
Voleur, canaille, faussaire

Vierge mal-sexuée
Tourmenteuse d'affligés
Girafe à deux têtes
Péchez pour tous péchez avec tous

Péchez avec les voyous
Péchez avec les sergents
Péchez avec les marins
Péchez de toutes les façons

Avec les Grecs et les Troyens
Avec le Père et le sacristain
Avec le lépreux de Pouso Alto

Et après avec moi

Je t'attendrai entre bals neuvaines chevauchées
Je mangerai de la terre et dirai des choses d'une tendresse si simple
Que tu t'évanouiras
Cherchez partout
Pure ou salie jusqu'aux pires bassesses
Je veux l'étoile du matin. "

(Manuel Bandeira, traduit pour le plaisir de le translire)

Eu quero a estrela da manhã
Onde está a estrela da manhã?
Meus amigos meus inimigos
Procurem a estrela da manhã

Ela desapareceu ia nua
Desapareceu com quem?
Procurem por toda a parte

Digam que sou um homem sem orgulho
Um homem que aceita tudo
Que me importa? Eu quero a estrela da manhã

Três dias e três noites
Fui assassino e suicida
Ladrão, pulha, falsário

Virgem mal-sexuada
Atribuladora dos aflitos
Girafa de duas cabeças
Pecai por todos pecai com todos

Pecai com os malandros
Pecai com os sargentos
Pecai com os fuzileiros navais
Pecai de todas as maneiras

Com os gregos e com os troianos
Com o padre e com o sacristão
Com o leproso de Pouso Alto

Depois comigo

Te esperarei com mafuás novenas cavalhadas
comerei terra e direi coisas de uma ternura tão simples
Que tu desfalecerás
Procurem por toda parte
Pura ou degradada até a última baixeza
eu quero a estrela da manhã

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 12:55

Eh eeeeeeh ! Le samedi 22 avril 17, c'est décidé, je fais le mur et je danse sur la tête à Belleville ! Si vous voulez voir ça, contactez-moi au 06 50 59 20 40 !

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 12:24

C’est veille de Noël. Sainte Marie Tout-en-Plâtre crève de froid dans sa niche romane malgré la robe en velours qu’on lui a mise pour faire chic. Elle crève de froid et d’ennui. Sous prétexte que c’est bientôt l’anniversaire du Petit, ça n’arrête pas les défilés de moines confits. Craquements de genoux, luisances de crâne, marmonnements, c’est tout ce qu’ils savent lui donner. Pas un regard, pas un mot un peu perso. S’ils levaient la tête, ils la verraient étouffer des bâillements, mais rien de plus aveuglant que l’adoration froide. Alors elle attend que ça passe en soufflant sur la mantille qui lui gratte les joues.

 

Elle attend que Jean passe.

Jean le simple, le bégayant, le tout mignon au visage d’ange égaré sur la terre. Celui que les autres prennent pour un idiot parce qu’il bégaie. Parce qu’il est incapable de dire sans trébucher un seul Ave Maria. Parce qu’il s’endort sur son chapelet. Il s’endort et il rêve de Marie aux yeux outre-ciel, Marie qui danse pieds nus dans les nuages. Elle, elle aime qu’il la rêve comme ça et qu’il ne lui dise rien quand il est devant elle, tout nu dans sa béatitude.

Alors elle l’attend. Elle attend ce moment où il n’y a plus personne dans la chapelle et où il vient la voir en cachette des autres.

 

Le voilà, il arrive. Rougissant, trébuchant dans sa robe trop longue. Il s’arrête à un mètre d’elle et reste là, ballant, béat, à la regarder en plein visage, timide et éhonté. Quand le sourire en plâtre prend vie pour lui, ça ne l’étonne pas. Et quand soudain Marie arrache sa mantille, quand soudain elle retrousse ses jupes sur ses jambes blanches pour descendre de sa niche, ça ne l’étonne pas non plus. Il lui tend la main, pour qu’elle ne tombe pas, mais elle saute, légère, et la voilà tout près de lui, toute chaude, et qui murmure : « Embrasse-moi donc. »

 

Là quand même, ça l’étonne. Il bafouille que ça ne se fait pas, qu’elle est la Sainte Vierge et lui, un moine débutant, qu’il ne mérite pas, que... Mais la vierge rigole. Et c’est elle qui se penche vers lui, elle qui pose sur ses lèvres un baiser de chair et de ciel mêlés. Murmure de vieilles pierres. Rougeoiement des vitraux. Battements d’ailes affolés de la Sainte Colombe. Saint Pierre lâche ses clefs.

Jean découvre le goût du Paradis.

Elle, celui de l'éphémère.

 

Lorsque Marie reprend ses distances pour le rendre à la terre, un cercle d’or entoure la bouche de Jean. C’est son cadeau. Le seul qu’elle puisse lui faire. Elle lui dit : « Va, et garde ça pour toi. » Alors il s’éloigne, vite, sans se retourner pour ne pas la retrouver en plâtre sur son piédestal. Pour ne pas la perdre.

 

Lorsqu’ils ont vu la niche vide et sur le sol la robe en tas, les moines ont cru à un vol. Et plus tard, quand au croisement des chemins, au bord d’une rivière ou au sombre des bois ils ont croisé Marie, ils ne l’ont pas reconnue. Ondine, sorcière, succube, fantasme, c’est ainsi qu’ils l’ont nommée. Ainsi qu’on la nomme encore. Peu importe à Marie. Elle est libre et ne se montre qu’aux simples.

 

Quant à Jean, depuis que sa langue s’est déliée dans le souffle de Marie, on l’appelle Saint Jean Bouche d’Or. Car désormais, quand il parle du ciel et de ses habitants, même les cailloux s'émeuvent.

 

Jean est toujours vivant. C’est toi lorsque l’amour t’allume.

 

Myriam Rubis

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